Débris d'un drone d'attaque portant l'inscription « Герань-2 » sur l'empennage, au sol parmi des gravats
Débris d'un drone Geran-2 abattu à Kyiv le 14 décembre 2022 (photo d'archive : il ne s'agit pas du Geran-4 analysé dans cet article, faute de photo sous licence libre trouvée). Photo : Direction principale du renseignement du ministère ukrainien de la Défense (GUR) / Wikimedia Commons · CC BY 4.0 · image redimensionnée

Drones · Export control & sanctions · Semi-conducteurs

Drone russe, puces américaines : par où passent les composants du Geran-4 ?

Une unité ukrainienne a démonté le contrôleur de vol d'un drone russe Geran-4 : sur 105 composants identifiés, au moins 80 portent des marques américaines selon son analyse, dont 61 de Texas Instruments et de sa filiale. Le fabricant dit ne plus rien vendre à la Russie depuis 2022. Alors, par quel chemin ?

Région de Poltava, Ukraine, 2026. Selon le récit publié par Militarnyi, des militaires ukrainiens récupèrent dans les débris d'un drone d'attaque russe Geran-4 un boîtier en aluminium de 17,5 cm de haut. Le dessus est abîmé. Dedans, une pile de cartes électroniques, pour la plupart intactes.

Un ingénieur du 1230e régiment du génie et technique « Athena » (indicatif « Prop ») relève les références une à une. Le résultat est publié le 15 octobre par le site ukrainien Militarnyi : 105 composants identifiés, dont au moins 80 de sociétés américaines, selon ce relevé.

Précision d'emblée : il s'agit d'un seul contrôleur examiné, par une unité de l'armée ukrainienne, soit une source ukrainienne, partie au conflit. L'analyse n'a pas été revue de façon indépendante.

Trois quarts américain, zéro russe

Selon le tableau publié, Texas Instruments (TI) et sa filiale National Semiconductor pèsent à elles seules 61 composants, soit 58 %. Suivent la Chine (11), l'Allemagne (2), le Japon, Taïwan et les Pays-Bas (1 chacun). Neuf restent non identifiés. Aucune électronique russe n'a été identifiée.

Le cerveau du système, selon l'analyse : un microcontrôleur TI TMS320F28335, présent sur sept cartes. Une puce industrielle courante, que TI destine notamment aux moteurs électriques et aux onduleurs solaires, et toujours à son catalogue (statut « actif » sur son site). Le renseignement militaire ukrainien (GUR) la recense aussi dans ses fiches publiques sur le Geran-4.

« Toute livraison de puces TI en Russie est illicite et non autorisée. »
Texas Instruments, déclaration publique sur la Russie (site de TI, consultée le 19/10/2026, traduction Dual Tech)

Des cartes datées de 2026, selon leurs marquages

Selon le chercheur, les numéros de série des cartes portent le préfixe « AL », désignation habituelle d'Alabuga, la zone économique spéciale du Tatarstan. Toujours selon son relevé, deux cartes sont datées du 23 juin et du 12 août 2026, et les connecteurs Amphenol portent des codes qu'il lit comme janvier et février 2026.

Ces dates sont celles des cartes et des connecteurs, lues sur des marquages photographiés par l'unité, et ne sont pas vérifiables de façon indépendante. Pour les puces TI elles-mêmes, aucune date de fabrication n'est publiée. Impossible, donc, de savoir si elles ont été fabriquées ou vendues avant ou après 2022.

Sur plusieurs processeurs, les marquages ont été effacés, imparfaitement, selon l'analyse et ses photos. Pour le chercheur, il s'agirait de compliquer l'identification de leur origine. C'est son hypothèse, pas un fait établi.

Alabuga, déjà sur liste noire

Le Bureau of Industry and Security (BIS), l'agence américaine du contrôle des exportations, a inscrit la société de la zone économique spéciale d'Alabuga sur sa liste des entités le 27 août 2024, après d'autres sociétés de la zone en décembre 2023. Conséquence : une licence est exigée pour leur fournir tout article soumis à la réglementation américaine, avec une politique de refus. Ces inscriptions figurent toujours dans la version en vigueur du texte réglementaire, consultée sur l'eCFR le 19 octobre 2026.

Les processeurs et contrôleurs intégrés, catégorie dont relève le TMS320, sont classés au niveau 1, celui de la plus haute priorité, de la liste d'articles prioritaires établie par Washington avec l'Union européenne, le Japon et le Royaume-Uni face à la Russie. L'Union européenne, elle, impose à ses entreprises de se retirer de la zone d'Alabuga.

1,4 million d'euros par mois ? Un calcul fragile

Militarnyi extrapole. À 3 000 Geran-4/5 par mois, chiffre attribué au renseignement ukrainien sans document publié à l'appui, il faudrait 183 000 composants TI et National Semiconductor par mois. Le site en déduit que le revenu mensuel de TI pourrait atteindre environ 1,4 million d'euros.

L'article reconnaît lui-même que ce calcul repose sur des prix de détail de distributeurs, et que les prix réels comme la part des intermédiaires sont inconnus. TI affirme ne plus rien vendre à la Russie : rien, dans ce calcul, n'établit que cet argent lui revient.

Contre-lecture

Ce que le récit officiel ne vous dit pas

Deux récits s'affrontent. Washington et TI : les contrôles existent, les livraisons sont « illicites ». Militarnyi : le signe d'un contrôle défaillant. Les documents disent moins, ou autre chose.

  • Le récit américain ne dit pas par où passent les puces : le BIS affirme restreindre depuis 2022 l'accès de la Russie aux technologies « dont elle a besoin ». Selon l'analyse ukrainienne, le démontage montre des cartes assemblées en 2026, d'après leurs marquages, avec une électronique aux trois quarts américaine.
  • TI l'a expliqué au Sénat : en septembre 2024, sa vice-présidente et directrice juridique adjointe indiquait que ses puces ne requièrent en général pas de licence d'exportation, et que des centaines de milliers, voire des millions de puces livrées avant l'invasion dorment probablement dans des stocks à travers le monde.
  • Le récit ukrainien généralise : à partir d'un contrôleur, Militarnyi conclut à l'absence de « mécanisme efficace » de contrôle, chez les entreprises comme chez les États. Selon nous, c'est une opinion, pas une démonstration.
  • Le chiffre choc n'est pas documenté : les 3 000 drones par mois sont attribués au renseignement ukrainien, sans document publié.

On analyse des documents et des déclarations publiques, pas des personnes.

  • En quelle année les puces TI retrouvées ont-elles été fabriquées ?
  • Par quels pays tiers et quels revendeurs sont-elles passées ?
  • L'échantillon sera-t-il confié à des experts indépendants ?

Un drone, 105 composants et, à notre connaissance, aucune chaîne de revente documentée publiquement. La question n'est pas seulement qui fabrique ces puces, mais qui les revend.

Vérification

Le décryptage point par point

Chaque affirmation de l'analyse publiée par Militarnyi, et chaque position officielle, confrontée aux documents disponibles : fiches du renseignement ukrainien, Federal Register, textes européens, déclarations de Texas Instruments. Cliquez sur un point pour lire l'analyse.

Ce que dit la version officielle

Le 15 octobre 2026, le site ukrainien Militarnyi publie l'analyse d'un contrôleur de vol de drone Geran-4 retrouvé dans la région de Poltava, réalisée par un ingénieur du 1230e régiment du génie et technique « Athena » des Forces armées ukrainiennes. Selon cette analyse, sur 105 composants identifiés, au moins 80 (76,19 %) proviennent de sociétés américaines, dont 61 (58,1 %) de Texas Instruments et National Semiconductor ; aucun composant électronique russe n'a été trouvé. Toujours selon l'analyse, les cartes portent le préfixe « AL » (Alabuga) et deux d'entre elles sont datées de juin et août 2026.

L'article conclut à l'absence de mécanisme efficace de contrôle des sanctions, et estime à environ 1,4 million d'euros par mois les revenus que TI pourrait tirer de ces contrôleurs, sur la base des prix de détail. ZMINA a repris ces résultats le 18 octobre.

Les affirmations vérifiées

À nuancer « More than three-quarters of the Geran-4's onboard computer consists of electronic components manufactured by American companies » (Militarnyi, 15/10/2026)

Le tableau publié est détaillé et cohérent : 80 composants américains sur 105, soit 76,19 % par le calcul ; Chine 11, Allemagne 2, Japon, Taïwan et Pays-Bas 1 chacun, 9 non identifiés. La méthode classe chaque composant selon le pays du siège de la maison mère (Intersil rangé chez le japonais Renesas, Zetex chez l'américain Diodes Incorporated).

Mais l'analyse porte sur un seul contrôleur, examiné par une unité militaire ukrainienne, partie au conflit, et n'a pas été revue de façon indépendante. Les fiches publiques du renseignement ukrainien confirment la présence de références TI sur le Geran-4, sans permettre de vérifier le décompte.[1][2][3][4]

Partiellement vérifié Texas Instruments et National Semiconductor représentent 61 composants, soit 58,1 % (Militarnyi)

Le pourcentage est exact par le calcul (61/105). Les fiches du portail War&Sanctions du GUR recensent, pour le contrôleur du Geran-4, un processeur TMS320 (fiche publiée le 25/05/2026), un transceiver CAN VP230 marqué TI et une source de courant LM234 de National Semiconductor (fiche « Geran-4 UAV (October 2026) », publiée le 05/10/2026).

Le décompte exact des 61 composants ne peut pas être vérifié sans accès à l'échantillon.[1][3][4]

À nuancer Les cartes ont été fabriquées à Alabuga, datées du 23 juin et du 12 août 2026 ; connecteurs Amphenol datés de janvier et février 2026 (Militarnyi)

Ces éléments reposent sur la lecture de marquages (préfixe « AL », dates, codes 260106 et 260206) photographiés et interprétés par l'unité ukrainienne. Ils ne sont pas vérifiables indépendamment.

Surtout, ces dates concernent les cartes et les connecteurs, pas les puces TI : l'article ne publie aucune date de fabrication pour les composants TI. Rien ne permet donc d'affirmer que ces puces ont été produites ou vendues après les restrictions de 2022.[1]

À nuancer Les marquages des processeurs TMS320 ont été effacés pour masquer leur origine (Militarnyi)

Le constat (marquages partiellement effacés) est documenté par les photos publiées. Le but (compliquer l'identification de l'origine dans un contexte de sanctions) est présenté par l'article comme l'évaluation du chercheur : c'est une hypothèse plausible, non démontrée.[1]

Trompeur « Texas Instruments' monthly revenue from components for flight controllers of this type alone could reach approximately €1.4 million » (Militarnyi)

Trompeur s'il est repris tel quel. Le calcul extrapole un seul contrôleur à 3 000 drones par mois et applique des prix de détail de distributeurs. L'article reconnaît que les prix d'achat réels et la part des intermédiaires sont inconnus.

TI affirme avoir cessé ses ventes à la Russie en février 2022 : le produit d'éventuelles reventes par des tiers va à ces intermédiaires, et rien dans ce calcul n'établit qu'une part en revienne au fabricant. La reprise de ZMINA parle d'ailleurs de « valeur » des composants, et non de revenu de TI.[1][2][11]

Non étayé La Russie produit environ 3 000 Geran-4/5 par mois (renseignement militaire ukrainien, cité par Militarnyi)

Le chiffre est attribué au renseignement militaire ukrainien, sans document source publié. Nous le citons en l'attribuant, sans le reprendre à notre compte.[1]

Non étayé « This indicates a lack of an effective mechanism for monitoring compliance with sanctions, both at the level of the companies themselves and at the government level » (conclusion de Militarnyi)

C'est une opinion de Militarnyi. Selon nous, un seul contrôleur ne permet pas, à lui seul, d'évaluer des dispositifs de contrôle, ni ceux d'une entreprise en particulier : l'article ne documente ni les canaux d'achat, ni les dates de vente des puces.[1]

Vérifié Les entités de la zone d'Alabuga figurent sur la liste des entités du BIS

Le BIS a ajouté Dolphin Alabuga LLC et OOO Alabuga-Volokno le 7 décembre 2023 (88 FR 85095), puis JSC SEZ PPT Alabuga (société de la zone économique spéciale), OOO Alabuga Development, LLC Alabuga Machinery et LLC Alabuga Exim le 27 août 2024 (89 FR 68544), en citant le programme de drones russe et la zone d'Alabuga. Ces inscriptions figurent dans le supplément n° 4 de la partie 744 des EAR, dans sa version en vigueur consultée sur l'eCFR le 19 octobre 2026.

Côté européen, la zone économique spéciale d'Alabuga figure à la partie A de l'annexe LII du règlement (UE) n° 833/2014 : les opérateurs européens doivent s'en retirer, selon la FAQ de la Commission à jour au 19 décembre 2025.[5][6][7][10]

Exact Texas Instruments déclare publiquement avoir cessé ses ventes à la Russie et au Bélarus en février 2022

La déclaration figure sur le site de TI (page non datée) et a été réitérée devant la sous-commission permanente d'enquête du Sénat américain le 10 septembre 2024 par la vice-présidente et directrice juridique adjointe de TI, qui précise que l'arrêt est intervenu « avant que l'entreprise n'y soit obligée ».

Nous ne pouvons pas vérifier de façon indépendante l'application de cet arrêt. Une action civile engagée en décembre 2025 par des Ukrainiens blessés lors de frappes russes, ou par des proches de victimes, contre TI, AMD, Intel et le distributeur Mouser a été rejetée le 1er juillet 2026 par un juge fédéral du Texas, qui a estimé que le lien de causalité n'était pas plausiblement allégué, tout en autorisant les plaignants à reformuler leurs plaintes. Selon le registre de la procédure consulté le 19 octobre 2026, des plaintes modifiées ont depuis été déposées et font l'objet d'une nouvelle demande de rejet, encore pendante à notre connaissance. Aucune décision ne retient à ce jour la responsabilité de TI ni des autres défendeurs.[11][12][13][14]

Contre-arguments sourcés

  • Selon TI, son programme de conformité comporte plusieurs niveaux : plus de 4 millions de commandes filtrées par an en moyenne, des milliers annulées chaque année, environ 75 % de son chiffre d'affaires réalisé en ventes directes en 2023, et six de ses huit distributeurs agréés établis aux États-Unis.[11][12]

  • Ces puces sont des composants d'usage général : TI dit en vendre des dizaines de milliards par an. Selon l'entreprise, elles ne requièrent en général pas de licence d'exportation, des puces fabriquées il y a 10 à 15 ans, voire plus, fonctionnent encore, et des responsables américains ont décrit des puces prélevées sur des équipements civils : autant de raisons qui, selon TI, rendent leur traçabilité très difficile.[12]

  • Un seul échantillon ne dit rien de l'ensemble de la production ; et des marquages de date, s'ils étaient publiés, refléteraient la fabrication, pas forcément la date d'achat.[1]

  • C'est une source ukrainienne, partie au conflit, qui peut avoir intérêt à voir Washington durcir ses contrôles. Ses relevés restent cohérents avec les fiches publiques du renseignement ukrainien et appuyés par des photos.[1][3][4]

  • Dans l'action civile visant TI et d'autres entreprises, le juge, en examinant l'existence d'un devoir de prudence, a relevé que les plaintes ne permettaient pas de savoir quand les composants en cause avaient été mis sur le marché.[13]

Les questions qui restent ouvertes

  • Les puces TI retrouvées ont-elles été fabriquées avant ou après février 2022 ?
  • Par quels pays tiers et quels revendeurs ont-elles transité ?
  • Un examen indépendant de l'échantillon est-il prévu ?
  • Les contrôles du BIS et de l'Union européenne atteignent-ils les revendeurs de composants d'usage courant ?

En résumé

À notre lecture, les chiffres de l'analyse sont cohérents et détaillés, mais ils portent sur un seul contrôleur, examiné par une partie au conflit. Les extrapolations (1,4 million d'euros par mois, 3 000 drones par mois) et la conclusion sur des contrôles inefficaces ne sont pas démontrées. Ce qui est documenté : la présence de composants de marque TI sur le Geran-4, selon les fiches publiques du GUR, l'inscription des entités d'Alabuga sur la liste noire américaine, et la position publique de TI. Ce qui manque : les dates de fabrication des puces et la chaîne de revente.

Sources

  1. Geran-4's On-Board Computer: Contains Over 75% U.S.-Made Components — Dmytro Shumlianskyi, 15/10/2026 — Militarnyi · consulté le 19 octobre 2026
  2. US firms account for over 75% of parts in examined Geran-4 controller, 18/10/2026 — ZMINA · consulté le 19 octobre 2026
  3. Fiche « Geran-4 UAV » : processeur de signal TMS320 (publiée le 25/05/2026, en anglais) — Renseignement militaire ukrainien (GUR), portail War&Sanctions · consulté le 19 octobre 2026
  4. Fiche « Geran-4 UAV (October 2026) » : source de courant LM234 (publiée le 05/10/2026, en anglais) — Renseignement militaire ukrainien (GUR), portail War&Sanctions · consulté le 19 octobre 2026
  5. Revisions to the Entity List, 27/08/2024 (89 FR 68544) — Federal Register / Bureau of Industry and Security · consulté le 19 octobre 2026
  6. Addition of Entities to the Entity List, 07/12/2023 (88 FR 85095) — Federal Register / Bureau of Industry and Security · consulté le 19 octobre 2026
  7. 15 CFR Part 744, Supplement No. 4 — Entity List (version en vigueur) — eCFR / National Archives · consulté le 19 octobre 2026
  8. TMS320F28335 — fiche produit (statut « Active ») — Texas Instruments · consulté le 19 octobre 2026
  9. Common High Priority Items List (CHPL), 23/02/2024 — Bureau of Industry and Security · consulté le 19 octobre 2026
  10. Special economic zones — Frequently asked questions (article 5ah du règlement 833/2014), à jour au 19/12/2025 — Commission européenne · consulté le 19 octobre 2026
  11. TI issued the following statement on Russia (page non datée) — Texas Instruments · consulté le 19 octobre 2026
  12. Statement of Shannon Thompson, Vice President and Assistant General Counsel, Texas Instruments, before the Permanent Subcommittee on Investigations, 10/09/2024 — Sénat des États-Unis (HSGAC) · consulté le 19 octobre 2026
  13. Shumylo et al. v. Texas Instruments Inc. et al., n° 3:25-CV-3400-D, Memorandum Opinion and Order, 01/07/2026 — U.S. District Court, Northern District of Texas (via Justia) · consulté le 19 octobre 2026
  14. Shumylo et al v. Texas Instruments Incorporated et al (3:25-cv-03400) — registre de la procédure (demande de rejet des plaintes modifiées, pièce n° 99 ; réplique du 14/10/2026) — PacerMonitor (données PACER) · consulté le 19 octobre 2026

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